Comment en sommes-nous arrivés là ? Camille vient d’être assassinée par son frère, alors que celui-ci rentrait triomphant de la guerre civile qui opposait Rome à Albe. Victorieuse et au sommet de sa gloire, Rome voit son héros sombrer dans les abîmes de la honte. Famille, patrie, principes et éthique, tout s’entrechoque. Pour le roi, il s’agit maintenant de juger : faut-il absoudre le fratricide ou condamner le héros ?
Adapté de l’Horace de Corneille, Le Procès d’Horace choisit d’explorer ce classique bien connu, mais si peu présent sur les scènes contemporaines. Quel intérêt à rejouer les classiques ? Cette question centrale dans la création théâtrale aujourd’hui guide le projet de la Cie Acte V qui entreprend ici de revisiter le chef-d’œuvre de Pierre Corneille. Pourquoi, malgré des ingrédients prometteurs (crime, fratricide, jugement, absolution), la pièce reste-t-elle peu jouée ? Qu’est-ce qui la rend distante, difficile à appréhender? Est-ce le patriotisme, l’idéal de conquête, ou le sexisme? Ou alors, est-ce sa structure, sa longueur?
Le Procès d’Horace, relecture créative de la pièce de Corneille, entend pallier les problèmes de réception d’un texte classique auprès d’un public contemporain. En exacerbant les « défauts » de la pièce tels que Corneille lui-même les avait déjà perçus, la Cie Acte V présente une version plus qu’actuelle : un drame de la contradiction humaine où les questions de genre, d’éthique et de pouvoir sont mises au premier plan.
« Ce crime quoique grand, énorme, inexcusable, / Vient de la même épée et part du même bras / Qui me fait aujourd’hui maître de deux États. »Horace, acte V, scène 3
